BILAN 2000 - Jewish Trash

La présence de Juifs dans le hip hop n'est pas franchement une nouveauté. Mais une bande, une famille même pour être plus exact, se distingue. Celle de Non Phixion et de leur producteur Necro, tous frères et cousins entre eux et avec d’autres déjà cités.

La présence de juifs dans le hip hop n'est pas une nouveauté. Bien au contraire, les principaux blancs qui ont fait l'histoire du rap (Rick Rubin, Beasties, 3rd Bass) étaient des juifs. Leur place privilégiée dans le hip hop indépendant n'est pas non plus une découverte. Non-Phixion existent déjà depuis plusieurs années, et tout leur entourage est évidemment issu de la même communauté. The High & Mighty, Microft Holmes de Rec Comp Rec, et, dans un genre nettement à part, Paul Barman, sont également juifs. Même El-P, moitié Irlandais, moitié Juif, rejoint ces derniers. Mais parmi tous ces gens, une bande, une famille même pour être plus exact, se distingue. Celle précisément de Non Phixion et de leur producteur Necro, tous frères et cousins entre eux et avec d’autres déjà cités.

Juifs et fiers de l’être, Necro et consorts inventent une nouvelle forme d’identité communautaire, faite de provocation extrême, laquelle atteint son paroxysme sur l’album compilation nommé très à propos I Need Drugs. Sexe affreusement cru, apologie des rapports non protégés, incitation au détournement de mineur, sado-masochisme, sordides histoires de drogue, scatologie, dérision malsaine et immédiate, tous d’une violence et d’une virulence inouïes, se mêlent sur cet album et sur d’autres à de tonitruantes déclarations de fierté juive. Une fierté, un esprit de famille et une trash attitude extrême qui se cristallise sur la personne d'Uncle Howie, un crackhead et délinquant complètement grillé qui se trouve être l’oncle de Necro et d’Ill Bill, et leur idole définitive. C’est d’ailleurs lui qu'on voit fumer du crack sur la pochette d'I Need Drugs.

Un œil jeté au parcours de Non-Phixion permet d’éclairer la situation. Issus d’une deuxième génération d’immigrés juifs devenus fripiers et petits commerçants à New-York, ils ont rapidement côtoyé les côtés les plus sordides de la Grosse Pomme. D’abord attirés par le rock hardcore, ils ont autrefois ouvert pour des groupes du type Biohazard ou Sepultura. Mais à force de côtoyer les autres communautés new-yorkaises, ils se sont progressivement essayés au sampling et aux rhyme battles auprès de jeunes noirs. Le résultat : un rap abrupt, des effets gore parfois un peu gros, mais aussi un talent et une spontanéité devenus rares dans le genre.

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