SEBUTONES - 50/50 Where It Counts

Let's fuck! I'll fuck anything that moves! Ca, c'est l'intro, plutôt particulière, de cet LP on ne peut plus particulier. Ceux qui sont familiers du style de Sixtoo et de Buck 65 ne seront pas dépaysés. Ils auront dans leurs oreilles habituées à ces sons bruts et si peu mélodieux précisément ce qu'ils attendaient.

SEBUTONES - 50/50 Where It Counts

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Dire que ces deux MCs et DJs se complètent seraient un euphémisme. Mais comme toute figure de style, celle-ci à son avantage, notamment celui de faire passer ce que j'en pense : même s'ils se ressemblent de façon (très) relativement troublante, surtout du côté du flow et de cette façon posée et décontractée de se poser, justement, eh bien on peut affirmer qu'ils se complètent. Et au risque de me répéter, je dirais qu'il s'agit là d'un euphémisme.

Comme je le disais plus haut, la mélodie n'est pas la qualité première de cet album. Le beat reste souvent minimaliste et sombre (à l'exception peut-être de "Newport"), collant parfaitement à la façon de rapper des deux compères d'Halifax, accompagné de nombreux scratchs qu'ils se chargent eux-mêmes d'enregistrer, comme ils le disent, "for their own sanity at a really crappy studio in Canada". Cet album ne s'adresse par conséquent pas à tous ceux qui recherchent de quoi sauter dans tous les sens sur un party joint de folie. Bien au contraire. C'est bien pour cette raison qu'il n'est pas accessible à tout le monde, et que nombreux seront ceux qui regarderont d'un air sceptique la pochette dans un premier temps, et qui n'écouteront pas plus de deux morceaux dans un second temps. Ce qui est fort dommage, soit dit en passant.

En effet, ce serait passer à côté de l'élément essentiel des Sebutones : les paroles. Elles sont tout simplement rafraîchissantes. Multisyllabiques, approchant des sujets très divers, elles vont de paire avec le flow de Buck 65 et Sixtoo, à savoir sombres, articulées, réfléchies et jamais saoulantes. C'est ça qu'est bien.

Pour conclure, disons que ceux qui ne seront pas impressionnés par le flow des MCs et par le côté "let's rock it" des beats des DJs auront parfaitement raison. Le but de cet album, en admettant qu'il y en ait un, se trouve ailleurs. De toute façon, ce n'est pas comme si c'était formaté pour la radio, il suffit pour cela de voir les différents mouvements et changements de beats dans chaque morceau. Et c'est précisément ce qui fait la force des Sebutones. Ceux qui ont aimé aimeront.

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