COMPILATION - Goodnight Musics Presents

Plus de nouvelles des Goods depuis leur trois albums et le solo de Kunga219 en 2000. Cette année, nous pourrons toutefois calmer notre attente grâce à Goodnight Musics Presents, l'album sampler du label géré par le duo.

Goodnight Musics :: 2002 :: acheter ce disque

Trois albums du duo magique Kunga 219 / DJ Gordski de 1996 à 1999, un album solo de Kunga 219 en 2000, quatre disques qui ont ébauché la personnalité complexe de Kunga, qui ont délimité l’imagination sans fin de Gordski, quatre disques qui ne sont que de maigres captures des talents colossaux des Goods. Il a fallu compter les longs mois de silence avant de voir réapparaître le duo sur un nouveau disque. Il a fallu laisser tourner en boucle leurs anciens travaux phonographiques, conséquence de cette attente interminable, et espérer que l’année 2002 puisse enfin soulager ce calvaire. Calvaire estompé avec cet album sampler du label du duo, Goodnight Musics Presents, présentant des extraits des futurs disques des Goods, de Kunga en solo, de leur compagnon de route Tachichi, des Roosevelt Tharpa (l’association de Tachichi et de Kunga) et des Nincompoops (encore Kunga collaborant avec un certain Lazy).

Malgré ce renfort, ce sont les éternels Goods qui prennent en charge la majeure partie de ce disque, qu’ils soient crédité en tant que tels ou non. C’est Gordski, épaulé par l’entité WSP ("We Stain Porcelain") pour deux morceaux magnifiques "Son Comes Up" et "The Other Half" et par Scratch Bastard aux platines, qui s’occupe de la majorité des productions, s’éloignant de l’hétéroclite mais néanmoins délicat Dream Sequence pour revenir au style plus rugueux de Secondary Education. Le producteur des Goods y met en avant des samples vocaux, non dénués de charme ("Foulness", le tube "Theme Song", "Mediocre Man"…). Quand à son collègue Kunga, il déverse continuellement son charisme hors du commun, en dépit d’un Tachichi très en forme (et en dépit de l’infect chanteur Kaleb Simmonds). Voix flegmatique mais nerveuse, bonhomme dégoûté mais envieux, personnage compliqué mais finalement ordinaire, Kunga étale son savoir-faire, ses expériences avec magnificence et confirme une fois de plus sa grande classe de MC.

Ne tenons pas compte des quelques morceaux faisant tâche au tracklisting (notamment l’ennuyant "Smoke Signals" produit par Graematter) ou encore de la présence encombrante de Kaleb Simmonds (à moins que vous soyez défenseur de cette secte d’imposteurs qui se font appeler de nos jours "chanteurs de r'n'b"). On aurait même pu se passer du funky "Everything’s Lovely", signe d’un Gordski fatigué de marcher sur les chemins qu’il a balisé quelques disques plutôt, et un peu étonnant de sa part, lui qui se montre habituellement capable de se renouveler sans se dénaturer, et sans tomber dans un crossover hip-hop/electro vulgaire ou encore dans un revival du son new-yorkais du début 90’s, les deux axes musicaux défendus par ceux qui, soi-disant, prétendent sauver le hip-hop du désastre. Pour vous prémunir contre ces deux périls qui gagnent du terrain, achetez-vous les disques Goodnight Musics.

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