THE SHAPESHIFTERS - Soul-Lows

Ce Soul-Lows est sans doute l’album le plus dur qui soit donné à chroniquer. Pourquoi ? D’habitude, lorsque je donne mon avis sur un album, je compte sur le fait qu’en l’achetant vous écouterez la même chose que moi. Or rien n’est moins sur dans ce cas puisque les Shifters ont l’air de vouloir rentrer dans le guide des records sous la catégorie "distribution lo-fi".

Autoproduit :: 2002 :: acheter ce disque

Je m’explique : Soul-Lows n’est pas vraiment un album, mais plutôt une compilation de morceaux que les nombreux membres du groupe (surtout les moins connus : les English League et les Chain Smokers, plutôt qu’Awol, Circus ou 2mex) ont enregistrés dans leur coin, puis rassemblés à l’arrache sur un CD-R. Mais, au fur et à mesure des commandes, il ne leur a pas paru logique de graver à chaque fois le même CD, et encore moins de fournir un tracklisting. Résultat : sur la dizaine de sites qui distribuent l’album, vous n’avez pratiquement aucune chance d’avoir le même exemplaire, vous aurez juste entre 15 et 17 titres de Dr. Lewdacris, Die, Akuma, Existereo… Certains des titres sont déjà sortis (sur l’album des Overfiends, Motel California, par exemple), d’autres ne verront peut-être jamais le jour ailleurs que sur votre propre version.

Difficile dès lors de donner un véritable avis sur ce disque à configuration variable : toutefois, les fans des Shifters (et ils sont plus nombreux qu’on le croit) risquent bien d’y trouver leur compte. Mis à part un immonde titre soul/r'n'b (en général vers la fin de l’album), et quelques samples de guitares bluesy un peu lourdingues, la plupart des morceaux sont bien produits, funkys et entraînants. Le délire space-opera lo-fi n’importe-quoi des premiers albums est complètement mis de côté sur celui-ci (peut-être à cause de l’absence de Circus et Awol ?). Mais tous ces MCs ont des flows originaux et passionnants, des textes travaillés et inspirés, des belles voix et un véritable talent pour faire passer du sens dans la moindre intonation, si bien qu’on peut facilement surmonter la banalité des instrus et se concentrer avec plaisir sur leurs prestations de MCs. Bref, ce n’est pas l’album du siècle, mais il vaut largement le coup pour le festival de flows que les Shifters y déploient, comme ils nous y ont habitués.

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