EYEDEA & ABILITIES - First Born

Avec la parution du maxi Pushing Buttons, Eyedea (Sixth Sense) et Abilities (Atmosphere) officialisaient leur alliance. Autant dire que depuis cet excellent maxi, leur premier gros bébé était attendu. La pochette est d'ailleurs assez adéquate à la situation, on y voit un foetus sur fond noir et à peine le livret ouvert on découvre ce même foetus au milieu d'une effusion de couleurs parmi lesquelles on trouve n'importe quoi : un poisson, des turntables, des tournesols, des guns, une rose, des dollars etc.

EYEDEA & ABILITIES - First Born

Rhymesayers :: 2001 :: acheter ce disque

Eyedea dans cet album développe beaucoup ses idées personnelles sur l'existence, le cerveau et ses recoins mais aussi lui-même et son DJ (comprenez egotrip), ces trois axes résument quasiment tout le disque. Ce qui fait le charme de ce MC à la voix claire, c'est son talent de storyteller un peu à la Slug et son flow, que les productions fines et subtiles d'Abilities font ressortir à merveille lorsqu'il s'agit de faire passer une émotion. A ranger dans cette catégorie, "Color my World Mine" et "A Murder of Memories" dans laquelle il narre l'histoire d'un soldat qui ignore qu'il fait du tort et ne s'en rend compte que lorsqu'il est devenu aveugle. C'était le meilleur titre du maxi, c'est le meilleur titre de l'album. Dans cette veine, se distingue aussi l'excellent "Read Wiped in Blue" où un gars élevé par son père a du mal à s'assumer par rapport à lui, se demande s'il doit l'aimer, l'admirer, le prendre pour modèle ou bien le haïr.

Dans la catégorie textes métaphysiques, "Birth of a Fish" est une conversation avec un poisson sur l'existence qui aboutit sur la conclusion qu'on est tous des poissons. Dans "Powdered Water Too", le cerveau est une boîte dans laquelle on est conditionné et d'où l'on ne peut sortir. Dans "Liquid Sovereignty" c'est la pluie qui est considérée de manière métaphorique comme une prison mentale ou encore "Void (Internal Theory)" dans lequel il ne trouve aucun échappatoire à la société. Un thème aussi, celui de la santé mentale et de la folie : "The Dive" est le parcours d'un homme qui sombre dans un univers dont il est le seul à pouvoir sortir, la folie. 'You don't Know what you Think, you don't Think what you Know'. Les choses deviennent leur contraire dans "Void (external theory)". Ces deux catégories sont très abouties textuellement parlant et Abilities a recours à des sons très doux et purs qu'il magnifie avec des scratchs opportuns.

Dans la catégorie egotrip, Eyedea tente de prouver qu'il est toujours un clasheur invétéré mais face à tant de réflexion et de subtilité les titres "Big Shots", "Blindly Firing" et "Before and After" relèvent de l'anachronisme. D'autres titres sans message particulier sont très agréables comme "On this I Stand" et "Music Music" où Abilities distille une prod de toute beauté, toute en piano saturé et flûte scratchée. Abilities se fera plaisir avec "Well Being" avec une démonstration de turntablism en stéréo très efficace.

Pour conclure, ce disque aurait été parfait si il n'avait pas contenu la catégorie egotrip. Mais c'est assurément un disque époustouflant qui aura une place très confortable dans les sondages de fin d'année, c'est aussi la meilleure sortie RhymeSayers depuis Overcast.

Ain't Nothing quite as Beautiful as Music

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