ONEDAE - Gemini's Curse

Le new-yorkais OneDae, déjà auteur d’un E.P. Systematic Sensitization en 98, fait partie de ces innombrables artistes qui veulent se faire entendre de leur public. Son créneau, toucher l’auditeur, le faire prendre conscience de ses possibilités.

Mystic Gift Creations :: 2001

La musique est une aubaine. La musique est un grande centre d’intérêt pour pas mal d’entre nous. On pourrait comparer ce que la musique apporte à chacun d’entre nous, chaque avis différera et l’amour de la musique n’en est que plus fort. Mais la musique possède d’autres vertus, en particulier celle d'être le moyen d’expression le plus écouté (logique imparable), voire le plus pris en compte, qu’elle soit sincère ou non.

L’objectif de OneDae est de s’adresser à l’individu quelle que soit sa culture, sa communauté. OneDae, accompagné par Ubiquitus Phenix et par la chanteuse Dana Diaz-Tutaan, exprime toutes ses expériences, ses réflexions à travers ses poésies, puis apporte ses conclusions. Ses textes – comme son style de diction d’ailleurs, se rapprochant plus du slam que du rap – peuvent rebuter l’auditeur moyen mais sied bien à ses allures de prophète. Du reste, tout cela rentre en concordance avec les compositions de l’album, vraiment impressionnantes lors des premières écoutes, véritable débauche de sons cataclysmiques.

La "faute" en revient aux Neurologists (auteurs de deux remixes pas inoubliables sur le premier E.P. de Tes) et à Bronx Monx, dont les productions se composent de beats denses et de boucles sinistres et terrorisantes. L’effet est total quel que soit le morceau, puisque chaque titre fait écho à l’Apocalypse ("Horizon Child", "Empiracism"), ou à un purgatoire ("Intrisic", "Vexing The Exorcist", "Evil Eyes"). Bronx Monx approfondit plus ses productions que les Neurologists, il aère les morceaux en essayant de les construire en plusieurs mouvements, entre autres une petite introduction pour donner le ton, des pauses entre couplets non négligeables et en guise de fermeture des passages relativement plus calme que le morceau lui-même.

Mais en fin de compte, cet album est lourd, très lourd, et plusieurs écoutes viennent à ennuyer l’auditeur, voire le rendre insupportable à ses oreilles. Pourtant l’album n’est pas avare en bons ingrédients : un personnage charismatique (pour peu qu’il fasse peur par ses textes), des productions solides qui martèlent la tête mais l’alchimie fonctionne trop bien, et on est entièrement plongé dans l’univers de OneDae, un univers sombre, inquiétant, étouffant même s’il est auréolé d’espoir. OneDae est un personnage qui mise tout sur la musique, il y livre sa vie, son "journal intime". Sa démarche rejoint celle de Slug ou encore Sage Francis mais le rapprochement inévitable de ses textes avec la religion chrétienne (même si elle n’est pas citée explicitement) nous paraît être une attitude pour le moins singulière.

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