QUANNUM - Interview

Résumé des épisodes précédents. En 1992, la troupe de musiciens formée par DJ Shadow, Latyrx, et Blackalicious décide de monter un label, Solesides, afin de pouvoir produire leurs propres disques. Grâce aux connexions de DJ Shadow avec James Lavelle, celui-ci obtient que la distribution des produits Solesides soit effectuée par le label britannique dont Lavelle est le patron, Mo'Wax.

Aujourd'hui, selon Chief Xcel de Blackalicious, "Les objectifs que nous avions au moment où le modèle Solesides avait été monté ont été atteints. La règle de notre fonctionnement est de toujours progresser et changer, alors nous avons décidé de monter Quannum, le nouveau modèle qui nous permettra d'établir cette progression et ce changement (…)"

C'est en effet un hip-hop lourdement teinté de funk, et de soul, à la fois expérimental et respectueux de ses fondations, que nous livre le collectif/label Quannum (toujours distribué par Mo'Wax) à travers ses deux dernières sorties, Spectrum et l'album de Blackalicious Nia.

Pourquoi DJ Shadow est-il absent de cette tournée européenne ?

DJ Shadow prépare en ce moment un nouvel album, et il estaussi entrain de déménager, c'est pour cela qu'il n'apas pu venir avec nous cette fois-ci (…) Mais il fait toujours partie ducollectif.

Vous avez invité Jurrasic 5 et Souls of Mischief sur votre album collectif Spectrum, vous sentez vous proches de la scène underground West Coast qui est en train d'exploser en ce moment ?

C'est nous ! On en fait partie, on a grandi dedans, c'est un mouvement auquel on appartient.

Avez vous déjà participé à des soirées micro ouverts mythiques comme Project Blowed ou Goodlife ?

Oui, Chief Xcel est déjà allé à Project Blowed, Gift of Gab allait a Goodlife, beaucoup de gens citent ces soirées systématiquement lorsque la scène underground West Coast est mentionnée, mais il y a eu d'autres spots mythiques dans l'histoire du hip-hop Westcoast, notamment dans le nord de la Californie et dans la Bay Area.

Vous arrive-t-il encore de participer à des "battles" (clashs d'improvisation) ?

Les gens ne viennent plus vraiment nous défier… Lacompétition se ferait écraser instantanément ! (rires)… Nous sommes des gens terre à terre. Nous n'avons rien à prouver, maintenant si les gens nous cherchent et veulent nous "battle", on est là !(…)

Gift of Gab : personnellement, j'essaye de me "défier" moi même lorsque j'écris. Lorsque j'entend quelqu'un avec un pur niveau, cela me motive pour aller encore plus loin dans mon travail et essayer de me surpasser. A présent c'est ma manière de "battle".

Lyrics Born : aux yeux des gens, je pense que l'on a atteint un niveau qui implique que nous n'avons plus besoin d'aller "battle" qui que ce soit, nous avons fait nos preuves… Les gens n'osent plus venir nous voir.

Vous considérez vous plus comme des MCs, des producteurs de hip-hop, ou tout simplement comme des musiciens ?

Les deux, seulement le style de musique à travers lequel nous avons choisi de nous exprimer est le hip-hop. Celui ci se nourrit de nombreuses formes de musique, et nous utilisons le hip-hop comme un outil pour véhiculer nos expériences et les communiquer aux autres.

Considérez vous la musique comme une sorte de thérapie ?

Bien sûr. Lorsqu'une situation nous frustre particulièrement, écrire à propos de cette situation est une manière de l'extérioriser et de se débarrasser de la frustration, c'est extrêmement thérapeutique. C'est d'ailleurs l'une des raisons majeures pour lesquelles nous le faisons, la musique sert essentiellement à cela.

Vous travaillez avec les anglais de Mo'Wax et de Herbaliser, et les Allemands du groupe The Poets of Rhythm, que pensez-vous de l'approche des européens face à la musique ?

Notre point de vue à toujours été global. Toute musique, tout artiste vaut le coup d'être écouté, on travaillerait avec des MCs français si on en avait l'occasion, à partir du moment où nous sommes sur la même longueur d'onde. On pourrait même travailler avec un percussionniste français, n'importe quel musicien à partir du moment où la vibe est la même. C'est une question de connexion.

Pensez vous que le hip-hop soit un style musical délimité ?

Les limites sont dans la tête des gens, personne ne dit jamais "tu ne peux pas faire ceci, tu n'as pas le droit d'écouter cela", c'est l'environnement et l'entourage des gens qui fait qu'une personne se crée des limites dans ce qu'elle écoute… ou qui fait que cette personne ne vas pas se sentir "cool" si elle fait telle ou telle sorte de musique. Je ne pense pas que la musique elle-même ait de limites, la situation démographique ou sociale va conditionner les gens pour qu'ils aillent vers un style plutôt qu'un autre, mais dans un monde idéal, tout le monde devrait pouvoir faire la musique qu'il veut en s'inspirant de ce qu'il veut. D'ailleurs la plupart des grands producteurs que ce soit dans le hip-hop ou au-delà, n'écoutent qu'une minorité d'artistes de leur propre style musical, et préfèrent s'inspirer de choses qui n'ont rien à voir.

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