ANTI-POP CONSORTIUM - Interview

On ne présente plus le trio new yorkais le plus innovant depuis De La Soul. De passage à la Boule Noire à Paris à l'occasion de la sortie de leur nouvel EP (The End Against The Middle), Bean et High Priest, sans leur accolyte M Sayyid absent ce soir là, ont bien voulu répondre aux questions de notre équipe.

Après une heure de show intense coincé entre M83 et Shalark (en effet, le concert à lieu dans le cadre du festival off des Inrocks), et encore une autre heure d'attente au coeur de la foule hétéroclite rassemblée ce soir là, il est enfin temps pour notre valeureuse équipe d'intrépides journalistes de rencontrer ces poètes enchaînant les classiques...

Propos recueillis par Cicero Buck, Alan Smithee et Dr. Feelgood
Captation audio : DJ Proteze
Transcription : Big Dub

Ccb : Si APC est à Paris actuellement, c'est parce que vous avez une actualité, un maxi chez Warp ainsi qu'un album qui devrait sortir l'année prochaine...

High Priest : Le EP s'apelle The End Against The Middle et l'album Arrhytmia...

DrF : Peux tu nous dire comment le passage de 75 Ark à Warp c'est fait ?

HP : Avec 75 Ark c'était juste un deal de distribution pour un album, on l'a sorti, voilà. Avec Warp, on a eu l'occasion de se rencontrer plusieurs fois en Angleterre, en tournée, on a eu de bons contacts.

Ccb : Après un premier album et une sortie exclusivement japonaise, on dirait que la sensibilité électronique devient de plus en plus présente sur vos productions. Est-ce une évolution naturelle ou est-elle due à votre signature chez Warp ?

HP : On a progressivement utilisé de moins en moins de samples et composé en utilisant la programmation et les synthétiseurs. Comme nous sommes en 2002, et que la technologie avance de plus en plus, il était important que notre musique soit plus avancée aussi.

AS : Qui a produit en majorité l'album ?

Beans : Pour être honnête, Priest en a produit pas mal, mais on a tous mis la main à la pâte. Comme par exemple sur le EP, il y a une chanson intitulée Dystopian Disco Force et c'est Priest, moi et E. Blaise. Nous avons tous fait un morceau solo... Et pour le group joint, c'était un arrangement de E. Blaise avec des sons de M Sayyid. Pour l'album, Priest a réalisé la majorité des prods, je n'en ai pas fait beaucoup, juste une, mais nous jouons live pas mal d'interludes pour que le tout soit plus cohérent.

DrF : Collaborez vous sur ce qui est de la production en elle même tous ensemble ?

Bs : Nous l'avons fait pour le single "Ghost Lawns"... En fait nous l'avons composée ici en France à l'hôtel et l'une des chansons du LP, "Human Shield", a aussi été réalisée en France, pareil, dans une chambre d'hôtel.

Ccb : Quelle part de la musique que vous jouez live se retrouve sur les albums ?

DrF : Trouvez vous des idées en jouant, en improvisant sur scène ?

Bs : Pour les interludes de l'album, on les joue live et on les enregistre sur un quatre pistes et on refile le tout à Blaise qui fait les arrangements et rajoute sa touche. Quelques morceaux sont fait comme ça. Pour d'autre, on a des idées pendant qu'on joue et on se dit "utilisons ça".. On s'inspire directement de nos concerts.

Ccb : Et est-ce que ces morceaux sont différents ?

Bs : C'est différent dans la production, parce que d'habitude Priest arrive avec un morceau, j'amène le mien, Sayyid et Blaize aussi, et tout ça sonne complètement différent de ce que nous faisons tous ensemble, comme le single qui est une collaboration du groupe à 100%.

DrF : Le single qui n'est pas encore sorti ?

Bs : Non il est à venir, ça ne va pas tarder.

AS : Et à propos de vos projets solos ?

HP : Lesquels ?

DrF : Ghost in the Drummachine par exemple

AS : quelles vont être les sorties ?

Ccb : il y aura-t-il un solo de Sayyid ?

HP : Tout à fait. Depuis le début Antipop Consortium vient de ce que nous sortions sur K7, c'était des compilations de morceaux solos que nous avions réalisés et il y avait peut être un morceau avec nous tous. Un des derniers volumes comportait la plupart des morceaux de Tragic Epilogue, on a du en faire 3 ou 4 de plus avant ça. Donc il y a toujours eu l'intention de sortir des solos.

Bs : (désignant Priest) Sonic for the Youth devrait sortir début 2002, un LP instrumental.

DrF : Sur ?

Bs : Warp. Tous nos solos sortiront chez Warp. Le mien est prévu pour l'automne 2002.

DrF : Ce sera instrumental ?

Bs : Non se sera "vocal" et ça s'appellera Tomorrow Right Now.

AS : Où est Sayyid (absent ce soir là) ?

Bs : il travaille à ses projets... Priest et moi allons aussi travailler sur un projet parallèle, appelé Sad Monsters, on y travaille déjà.

DrF : Bon passons aux questions plus détendues. J'étais en train de lire le forum Def Jux et il y avait un topic intitulé "Beans Vs Capadonna" (étonnement)... C'était Beanie Seagle, dont le surnom est Beans, qui avait dissé Capadonna... Donc je me demandais comment vous vous engageriez dans une battle avec le Wu ou le Rockefella ? Parce que tout marche au beef de nos jours tu sais !

Bs : Je ne sais pas mec, je ne porte pas beaucoup attention à tout ça (rires). Je pense que la plupart de ces battles, c'est du marketing, du bluff pour encore plus faire parler d'eux, pour amasser encore plus d'argent, et ces mecs là ont beaucoup plus d'argent que n'importe qui ici dans cette pièce !

HP : Le hip hop c'est devenu la WWF, vraiment, c'est du catch !

DrF : Ouais, il y a un coté comique là dedans...qui serait votre ennemi juré ? qui battleriez vous ?

HP : Les wacks

Bs : On se battlerait nous même.

AS : J'ai une question, à propos de cette compilation, Anti Ny (regroupant des artistes de la scène dowtown des 80's new yorkais comme Ramm:ell:zee et Basquiat. Ndr), l'avez vous écouté ?

HP : Oui

AS : En l'écoutant je me suis dit que votre son se référait à cette scène, à cette période.

HP : Totalement.

Bs : Ce que nous faisons découle tout à fait de cette scène là.

Ccb : Après avoir eu pas mal de succès au cours de ces 2-3 ans et fait des collaborations avec des artistes très divers, est ce que le hip hop ne va pas devenir une contrainte pour vous, musicalement ?

HP : Pas vraiment… Jusqu'ici, tout ce que l'on dit est hip hop, peu importe la direction que nous allons prendre, ça restera du hip hop. Fut un temps où chaque groupe apportait un son bien spécifique, une identité propre. Au milieu des 90's, ça c'est homogénéisé, les groupes ont commencé à répondre à certains formats. Aujourd'hui il y a à nouveau une certaine diversité, et nous sommes heureux de participer à cet élargissement musical du hip hop.

Ccb : est ce que même ton LP instrumental tu le qualifiras de hip hop ?

HP : yeah.

DrF : Quels sont les 5 derniers disques que vous ayez écoutés ?

Bs : A1, Jay Z Blueprint, The Playgroup, King Tubby's lost Treasures, Nigeria 70, Steve Reich Four Organs et Bobby Conn Golden Age.

HP : Ca fait longtemps que je n'ai pas acheté de disque, mais les derniers que j'ai écouté sont Joni Mitchell et le Greatest Hits de Tommy Thomas.

DrF : Pour finir, est-ce que l'expérience Radiohead (leur tournée européenne avec le groupe. Ndr) a-t-elle modifié votre perception de la scène ?

Bs : C'était pas très différent de nos concerts habituels, le public était attentif et réceptif à l'expérience, c'était cool.

Le nouvel album Arrythmia est prévu le 1er avril chez Warp : www.warprecords.com

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