BONE THUGS N HARMONY - Creepin on ah Come up

1993, Cleveland, Ohio. Loin des Grammy Awards, mais surtout loin de la Côte Ouest, Krayzie Bone, Layzie Bone, Bizzy Bone, Wish Bone, et Flesh-N-Bone, qui forment le groupe, s’en vont en bus à Los Angeles. Ils auditionneront par téléphone avec Eazy-E (membre du mythique groupe NWA), sans succès. De retour à Cleveland, ils réussiront à convaincre ce dernier de les produire, alors qu’il était de passage dans la ville pour un concert.

BONE THUGS N HARMONY - Creepin on ah Come up

Ruthless Records :: 1994 :: acheter ce disque

Dès Lors, une série de hits, la sortie de l’album E. 1999 Eternal qui remportera un franc succès, un Grammy Award, et des solos des membres du groupe. Seulement voilà, avant d’être un acteur commercial du rap business, le groupe etait dans la catégorie hardcore gangsta rap (s’il fallait vraiment les mettre dans une case), caractérisé par des titres plus violents les uns que les autres, une violence pure, sans justification aucune.

Prélude à leur album, le EP Creepin on ah Come up est ce condensé de violence en 8 titres, dont une intro, un instru signé Yella (ex-NWA tout comme Eazy-E) et le skit "Mr. Quija". Ne nous perdons pas dans de vaines explications. Ce EP, sorti sur le label d’Eazy-E Ruthless Records, est ce qu’ils ont fait de mieux de toute leur carrière. Sorti en 1994, il s’ajoute à nombre de sorties West Coast g-funk de cette période en les surclassant toutes par la fraîcheur que les rappeurs apportent, tout en évitant de rentrer dans la guerre East/West Coast qui sévit alors.

Après ces quelques détails historiques, attardons nous sur le contenu en lui-même. La fraîcheur, dont on parlait plus haut, se retrouve avant tout dans les flows (inspirés par les Freestyle Fellowship ? le débat reste ouvert, mais n’est pas le centre de nos préoccupations ici). Flows très mélodieux et rapides, quelque part entre chant et rap, débitant des lyrics violents, sans contours, qui frappent juste, mais qui ne se perdent pas dans le bling bling des rappeurs d’aujourd’hui. Pas d’histoire de grosses voitures, de mafia, mais la violence de la rue à son paroxysme, non pas dans le souci d’avoir les plus beaux vêtements, mais pour assouvir sa faim. "Woke up this morning with the thought of robbin' a bank to get rich. Ain't ate in days so it ain't no thang to click click, bitch gimme your shit" clame Krayzie sur le titre "Creepin on ah Come up" qui donne son nom au EP.

Passés l’intro réalisé par Eazy-E et Yella, qui nous plonge dans l’ambiance sonore g-funk de tout ce ep, et "Mr Quija", skit fredonné et produit par les Bone, qui montre ce à quoi aspire le délire musical du groupe, avec la phase "mo murda" qui revient sans cesse, comme ayant pour intention de pénétrer notre esprit, nous entrons enfin dans le vif du sujet. 5 morceaux presque tous mythiques. Tout d’abord le hit "Thuggish Ruggish Bone" et son refrain chanté, sorte de titre de présentation du groupe, où l’on a droit à une démonstration de flows. Ce titre est en outre produit par DJ Uneek, producteur g-funk, qui produira d’autres titres pour Bone, notamment "Crossroads", hommage à Eazy-E, sur l’album E. 1999 Eternal.

DJ Uneek ne s’arrête pas là, et produit les deux meilleurs titres de ce EP, à savoir 'No Surrender', track n°4, et "Creepin on ah Come up", track n°6. Ils réussit avec ses productions à donner la définition même d’un son west coast : sirènes, lignes de basses envoûtantes, beats fat, sons triturés. Tout y est. Et quand sur ces sons, se posent les Bone, avec une facilité déconcertante, ils ajoutent à la musicalité de l’ensemble grâce à leurs flows mélodieux, si identiques soient-ils. Le contenu, lui, ne change pas, ou peu. Toujours ces sombres histoires de violence urbaines, traités d’une manière ... très personnelle, comme le très bon couplet de Wish Bone le prouve sur "No Surrender", couplet qui commence ainsi : "Puttin' me on my knees, tellin' me move and I'm dead, 'cause I'm killin' all your bitches, turnin' them blue suits red.". Très parlant, n’est-il pas ?

Entre ces deux morceaux, on retrouve "Down foe my Thang", avec une production West Coast différente des autres, dont l’auteur est Rhythm D, très connu puisqu’il produira des morceaux pour Mack 10, Paperboy, et bien sûr la Westside Connection. Sa prod sur le EP est très fat, mais un cran en dessous de celles de Uneek.

Enfin, le dernier titre, "Foe tha Love of $", avec Eazy-E himself en featuring, est peut-être le bémol de ce EP. Production moyenne de Yella qui ne s’accorde pas vraiment avec le style Bone de l’époque, elle lui donne une mauvaise fin. On a de plus le droit à l’instru de ce titre, qui est plus écoutable sans les rappeurs par dessus.

Malgré cela, Creepin on ah Come up est et restera ce que les Bone ont fait de mieux, et cela se résume à 4 titres : "No Surrender", "Creepin on ah Come up", "Thuggish Ruggish Bone" et "Down Foe my Thang". Quatre titres indispensables, qui vous permettront de découvrir ou redécouvrir les flows rapides et mélodieux, et les lyrics pleines de violences gratuites, sur des productions dans la plus pure tradition g-funk.

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